C’est quoi l’esthétique ou l’esthétisme en France ?

C’est quoi l’esthétique ou l’esthétisme en France ?

Le domaine de l’esthétique

L’esthétique est la branche de la philosophie consacrée à la recherche conceptuelle et théorique sur l’art et l’expérience esthétique. Dans cet article, on propose d’abord un aperçu de la structure de l’esthétique philosophique dans son ensemble, puis une esquisse sélective du développement de l’esthétique anglo-américaine au cours des cinquante dernières années, en me concentrant sur cinq sujets du centre :

  • Le concept d’esthétique,
  • La définition de l’art,
  • L’ontologie de l’art,
  • La représentation dans l’art et
  • L’expression dans l’art.

Ces sujets sont, bien sûr, également nommés plus longuement dans les chapitres correspondants ailleurs dans ce volume.

Esthétique philosophique : Une vue d’ensemble

On peut utilement considérer que le domaine de l’esthétique philosophique a trois centres d’intérêt, à travers chacun pouvant être conçu de manière adéquate.

  • Le premier centre d’intérêt concern un certain type de pratique, d’activité ou d’objet – la pratique de l’art, ou les activités de création et d’appréciation de l’art, ou ces multiples objets que sont les œuvres dard.
  • Un deuxième centre d’intérêt concerne un certain type de propriété, de caractéristique ou d’aspect des choses – à savoir une propriété esthétique, comme la beauté, la grâce ou le dynamisme.
  • Enfin, un troisième axe concerne un certain type d’attitude, de perception ou d’expérience – qui, là encore, pourrait être qualifié d’esthétique.

Il n’est pas surprenant qu’il existe des relations intimes entre ces trois conceptions. Par exemple, l’art peut être conçu comme une pratique dans laquelle les personnes visent à fabriquer des objets qui possèdent des propriétés esthétiques de valeur, ou qui sont aptes à donner aux sujets des expériences esthétiques de valeur. Ou encore, les propriétés esthétiques peuvent être conçues comme celles que possèdent de manière évidente les œuvres d’art, ou celles sur lesquelles l’expérience esthétique est axée. Ou encore, l’expérience esthétique peut être conçue comme le type d’expérience qui joue un rôle central dans l’appréciation des œuvres d’art ou des propriétés esthétiques des choses, qu’elles soient naturelles ou artificielles.

La question de savoir lequel de ces trois foyers est le plus fondamental, et en particulier si c’est l’idée d’art ou l’idée d’esthétique qui est conceptuellement antérieure, a fait l’objet de nombreux débats. Quoi qu’il en soit, les trois conceptions peuvent prétendre être naturellement liées dans la mesure où l’art, dans ses dimensions créative et réceptive, fournit vraisemblablement l’arène la plus riche et la plus variée pour la manifestation des propriétés esthétiques et la réalisation d’expériences esthétiques. Il est également indéniable que l’esthétique analytique contemporaine est, dans une très large mesure, la philosophie de l’art, même si l’analyse des phénomènes esthétiques en dehors ou en dehors de l’art n’est nullement négligée.

Les préoccupations majeures de l’esthétique qui ne relèvent pas immédiatement de l’une ou l’autre des trois conceptions sont, premièrement, l’esthétique de la nature, deuxièmement, la théorie de la critique et, troisièmement, la nature de l’artisanat. Mais si l’on y regarde de plus près, on constate que la première de ces conceptions peut aisément relever de la deuxième ou de la troisième conception susmentionnée, et la deuxième et la troisième, de la première conception susmentionnée. L’esthétique de la nature peut être comprise comme s’intéressant soit à certaines propriétés distinctives des phénomènes naturels que l’on peut classer comme esthétiques, par exemple la beauté, la sublimité, la grandeur ou la profusion, soit à certains types d’expériences provoquées de manière distinctive par la nature, soit à certains types d’attitudes appropriées à la nature. La théorie de la critique peut être comprise comme l’étude d’une partie de la pratique de l’art : celle qui concerne la réception des œuvres d’art, y compris leur description, leur interprétation et leur évaluation. Et l’artisanat peut être facilement conçu comme une activité liée à l’art ou quasi-artistique.

Les trois pôles de l’esthétique

Revenons maintenant aux trois pôles indiqués ci-dessus, que nous pouvons simplement appeler art, propriété esthétique et expérience esthétique. Bien que, comme nous l’avons vu, ces foyers puissent être mis en relation les uns avec les autres et interdéfinis de diverses manières, sans un ancrage indépendant de chacun d’eux, il n’est pas certain que l’on ait obtenu plus qu’un éclairage relatif de la sphère esthétique. Il est utile à ce stade d’esquisser quelques conceptions traditionnelles et actuelles du contenu fondamental de ces trois foyers. En bref, qu’est-ce que l’art, qu’est-ce qui compte comme caractéristique esthétique ou qu’est-ce qui constitue une expérience esthétique ?

L’une des conceptions de l’art consiste à considérer qu’il s’agit d’une forme perceptible

De l’exploration et de la contemplation de cette forme pour elle-même. Cette conception trouve ses racines dans les travaux du philosophe allemand du XVIIIe siècle, Emmanuel Kant, qui pensait que la beauté des objets, qu’il s’agisse d’œuvres d’art ou de phénomènes naturels, résidait dans leur capacité à stimuler le libre jeu des facultés cognitives en raison de leurs formes pures, à la fois spatiales et temporelles, et sans la médiation de concepts. Les théoriciens anglais du début du vingtième siècle, Clive Bell et Roger Fry, ont adopté une approche similaire, estimant que la forme spatiale était le seul aspect pertinent de l’art visuel en tant qu’art, et que la possession d’une “forme significative”, selon la célèbre expression de Bell, était la condition nécessaire et suffisante pour que quelque chose soit de l’art.

Une autre conception de longue date de l’art

Celui-ci le considère essentiellement comme un véhicule d’expression ou de communication, notamment d’états d’esprit ou de contenus non propositionnels. Le philosophe italien du début du XXe siècle Benedetto Croce situait l’essence de l’art dans l’expression de l’émotion, soulignant l’indissociabilité, voire l’identité, du contenu et du véhicule dans de tels cas. Le philosophe anglais R. G. Collingwood a développé cette idée en soulignant que la création d’œuvres d’art était en même temps un moyen pour l’artiste d’articuler ou de rendre claire la nature exacte de son état émotionnel. Le romancier russe Léon Tolstoï a avancé une vision de l’art qui l’identifie à la communication émotionnelle d’une personne à une autre par des moyens indirects, c’est-à-dire une structure de signes dans un support externe. Voir https://bella.paris pour en savoir plus sur le sujet !

Médecine esthétique